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LA GAZETTE 2017 22-01-2017 à 17:40

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Gazette n°10 de 2017 

 

 

Les légendes du tennis

Les « Mousquetaires »

L‘appellation des « Mousquetaires » – référence au célèbre roman d’Alexandre Dumas – est le surnom donné à l’équipe française qui s’est hissée au premier rang du tennis mondial en remportant à six reprises la Coupe Davis entre 1923 et 1932. Cette brillante équipe à l’esprit conquérant se composait essentiellement de quatre joueurs : Jean Borotra (1898-1994), Jacques Brugnon (1895-1978), Henri Cochet (1901-1987) et René Lacoste (1904-1996). Auxquels il convient d’ajouter un « cinquième mousquetaire », Christian Boussus (1908-2003), lequel ne jouera que de 1934 à 1938 ; et aussi André Merlin, qui participe à la finale perdue de 1933. Associés pour la première fois en 1923 dans l’équipe de France de Coupe Davis, les Mousquetaires s’inclinent d’abord à deux reprises face à l’équipe d’Australie (1923 et 1924) ; puis à nouveau contre l’équipe des États-Unis (en 1925 et 1926) ; avant de remporter le fameux trophée en battant les États-Unis en 1927 ; ils conservent leur titre jusqu’en 1932, soit un total de six victoires, ce qui constitue le plus long règne de l’histoire de la coupe Davis après celui des États-Unis (7 victoires). « Nous avons été animés par l'esprit qui régnait dans notre pays après la guerre 14-18. Rien ne semblait impossible à des Français », dira Jean Borotra. A eux quatre, les mousquetaires dominent également les autres compétitions internationaleset décrochent 20 titres du Grand Chelem en simple et 23 en double, dont 7 pour le seul Henri Cochet. « Personne n'a jamais égalé ces jeunes Français emplis de ferveur patriotique dans l'histoire du sport », estime un chroniqueur du New York Herald Tribune. C’est d’ailleurs en l’honneur des mousquetaires que le stade de Roland-Garros est construit après leur victoire en 1928. Grâce à eux, la France occupe une place privilégiée dans le tennis mondial, chargée notamment de l’organisation de l’un des tournois du Grand Chelem. En hommage à ces quatre champions, depuis 1927, le trophée des Internationaux de tennis de France s’appelle la Coupe des Mousquetaires.

Les Mousquetaires resteront toute leur vie de fervents amateurs de la balle jaune : Borotra dispute son dernier Wimbledon en 1963, à plus de soixante ans ; Cochet joue encore au tennis à 90 ans. Et Lacoste se montre un fervent spectateur des matchs à Roland-Garros. Tous quatre demeurent jusqu’à la fin de leur vie très proches : « Nous étions de merveilleux camarades » se souvient Borotra en 1993, déçu seulement d’avoir attendu aussi longtemps un nouveau succès de la France en coupe Davis (victoire de l’équipe de Noah à Lyon en 1991). Notons qu’à l’inverse des grands joueurs actuels, aucun de ces quatre champions n’a vécu exclusivement du tennis. Parallèlement à leur activité sportive pratiquée en amateur, chacun poursuit une carrière professionnelle. Borotra est cadre dirigeant de plusieurs entreprises ; Lacoste, que sa santé oblige à renoncer trop tôt à la haute compétition, se lance dans de fructueuses affaires et fonde la fameuse marque de vêtements qui porte son nom ; Brugnon réussit sa reconversion dans le journalisme ; le seul qui soit passé professionnel, Cochet ne le fait qu’à partir de 1933 et durant à peine une décennie, après sa défaite face à Perry en coupe Davis.

 

Qui sont ces figures légendaires qui marquent le tennis de la décennie 1920-1930 ?

 

Jean Borotra, né en 1898 à Biarritz, où il passe son enfance, joue d’abord à la pelote basque avant de découvrir assez tardivement le tennis ; durant la première guerre mondiale, il interrompt ses études pour s’engager dans l’armée. Commandant de batterie, il participe à l’offensive de Champagne et il est décoré de la croix de guerre avec deux citations. En 1920, bénéficiant d’une épreuve spéciale pour les jeunes qui reviennent du front, il intègre polytechnique ; mais au sortir de l’école en 1922 n’entre pas dans la fonction publique. Il se consacre à la gestion de plusieurs sociétés industrielles.

 

Au total, il jouera 54 matchs de Coupe Davis (36 victoires). En outre, vainqueur en simple à Wimbledon en 1924 et 1926, il est l’un des rares européens à remporter l’Open d’Australie en 1928 avant de gagner à Roland Garros en 1931. Associé à René Lacoste ou à Jacques Brugnon en double messieurs, il remporte dix titres du Grand Chelem (internationaux de France, Wimbledon, Sydney) et 8 titres en double mixte. Avant d’être tout récemment détrônée par Tsonga durant l’Open d’Australie 2017 (109 victoires), Jean Borotra a longtemps détenu le record de victoires françaises dans des matchs du grand chelem. Il faut rappeler qu’à son époque, les joueurs voyageaient beaucoup moins que les champions actuels.

 

Surnommé le basque bondissant, Borotra était un attaquant résolu, montant le plus souvent à la volée, et aimant les surfaces rapides. Son agilité sur les courts et ses acrobaties lui attiraient les faveurs du public et déconcentraient ses adversaires, si l’on en croit Tilden, l’ancien n° 1 mondial, qu’il a battu à plusieurs reprises. Il savait aussi se montrer beau joueur : lors de la finale de Roland-Garros en 1927, Borotra est battu sur une balle litigieuse. L’arbitre hésite et interroge son adversaire, Henri Cochet : Aurait-il touché deux fois la balle ? Mais non, répond benoîtement Cochet. L’arbitre valide le point. Et Borotra ne proteste pas… Un grand seigneur. On rapporte qu’un jour, ayant envoyé une balle dans les tribunes, il ôte son béret et va, galant homme, baiser la main de la spectatrice importunée. Le bruit court aussi qu’il offre une fleur à toute admiratrice qui lui demande un autographe.

 

Son attitude durant la seconde guerre mondiale va enrichir sa légende. Durant l’Occupation, sa sympathie pour les idées de la ligue des Croix de feu le conduit à adhérer au PSA (Parti Social français). Empêché par Pétain de rejoindre l’Angleterre, il est désigné par le gouvernement de Vichy comme commissaire général à l’éducation et aux sports. Il se montre un ardent opposant au professionnalisme, et cherche par tous les moyens à promouvoir les valeurs du sport amateur qui refuse le moindre financement. Déchu de sa fonction en 1942 pour avoir prévenu Pétain qu’il s’engageait dans la résistance, il est arrêté par la Gestapo, qui lui reproche de trop encourager le sentiment national. Enfermé d’abord dans un camp de concentration, l’intervention du roi de Suède (alerté par Lacoste) lui permet d’être transféré au château d’Itter, en Autriche, d’où il parvient à s’échapper de façon rocambolesque en 1945. Dans les années 60, il devient conseiller pour le sport des gouvernements gaullistes ; il reste pourtant jusqu’à la fin de sa vie fervent partisan du maréchal Pétain.

 

 Champion français encore très populaire, Jean Borotra est mort à Arbonne en 1994.

 

Borotra, le basque bondissant

 

René Lacoste, né à Paris en 1904, est le fils d’un ancien champion d’aviron. Il commence à jouer au tennis assez jeune, en 1919, mais son père souhaite le voir entrer à Polytechnique plutôt qu’épouser une carrière sportive : il le juge de santé trop fragile. Cependant, Lacoste rencontre en 1922 à Wimbledon la grande joueuse Suzanne Lenglen, laquelle le persuade de persévérer dans le tennis, lui montrant comment utiliser sa force et son énergie pour produire des gestes plus spontanés. Il se fait connaître à 20 ans quand il se qualifie pour la finale du Championnat de France. Confronté à Borotra, il est battu ; mais la même année 1924, faisant équipe avec son vainqueur, il obtient la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Paris (qui seront annulés malheureusement pour lui).

Commence alors pour Lacoste une brève mais brillante carrière durant laquelle, en cinq ans à peine, il remporte sept titres du Grand Chelem. En simple : Roland Garros (1925, 1927 et 1928 ; Wimbledon (1925 et 1928) Forrest Hill (1926 et 1927) ; trois titres en double Roland Garros 1925-1029) et Wimbledon (1925) ; quatre coupe Davis  durant lesquelles il joue 40 simples, 11 doubles). Son sens de l’observation et son goût de la perfection font de lui un tacticien hors pair. Il sait analyser le jeu de ses adversaires, remarquer leurs points faibles et comprendre les stratégies qu’ils utilisent. Ses conseils aux autres Mousquetaires sont très efficaces ; c’est ainsi qu’à Wimbledon en 1925, pour battre l’imbattable Tilden, il suggère à ses équipiers de fatiguer d’abord le n° 1 mondial en le poussant à jouer quatre ou cinq sets dans les matchs qui précèdent le sien, avant de porter lui-même l’estocade grâce à sa ténacité de crocodile rusé.

René Lacoste doit son surnom d’alligatorou de crocodile à une plaisante anecdote.

A Boston, en 1923. il se promène dans les rues de la ville avec son capitaine d’équipe, Alan Muhr, avant le match qu’il doit disputer l’après-midi. Dans une vitrine, une mallette Vuitton en peau de crocodile attire son attention. Le pari est lancé : si René gagne le match, Alan la lui offrira. Lacoste est battu. Le défi raté parvient aux oreilles d’un journaliste, qui écrit dans le Boston Evening Transcript : « Le jeune Lacoste n’a pas gagné sa valise en crocodile, mais il s’est battu comme un vrai crocodile : il n’a jamais lâché sa proie ». Et les gazettes de l’époque expliquent que ce fin tacticien possède le talent d’endormir l’adversaire en renvoyant inlassablement la balle une fois de plus que lui, jusqu’au moment où ce dernier commet une erreur. Alors, tel un crocodile, Lacoste se jette sur sa proie et ne la lâche plus.

 

Lacoste est un perfectionniste doublé d’un inventeur : « Inventeur ! si j'avais à imprimer un titre sur ma carte de visite, ce serait celui-là. J’ai passé toute ma vie à inventer des choses» écrit-il. Joueur, pour améliorer ses coups de fond de court, il crée une machine à lancer les balles, encore utilisée de nos jours pour l’entraînement des nouvelles générations. De même, après avoir été contraint de mettre prématurément un terme à sa carrière de joueur pour cause de pneumonie, il met au point en 1963 une raquette en acier : véritable révolution par rapport à la traditionnelle raquette en bois, elle va permettre à Jimmy Connors et Billie Jean King de gagner de nombreux matchs du Grand Chelem. Cet esprit créatif se retrouve durant sa conversion professionnelle, quand il inaugure une carrière dans les affaires. Il fonde la société qui porte son nom et bouleverse la mode vestimentaire. Soucieux d’améliorer les tenues sportives, le polo Lacoste – manches courtes, tissu aéré  en maille, frappé du logo qui l’a rendu célèbre : le crocodile– est désormais la tenue favorite des joueurs du circuit. Le groupe Lacoste a révolutionné l’équipement des sportifs à travers le monde entier.

 

Malgré une santé fragile, René Lacoste meurt en 1996, à l’âge de 92 ans. Dernier survivant des Mousquetaire, c’est toute une légende du tennis français qui s’éteint avec lui. Qui reprendra le flambeau de cette formidable équipe ?

 

René Lacoste

 Citons encore deux autres des Mousquetaires, adulés en leur temps, mais dont la postérité se souvient un peu moins, alors que Cochet est pourtant le plus titré des quatre.

 

Henri Cochet « Le petit ramasseur de balles de Lyon » (son père est directeur-gérant du Tennis-Club de Lyon) se voit rapidement affublé du sobriquet de magicien, tat ses résultats sont remarquables. Vainqueur du double de Wimbledon, avec Jacques Brugnon

 (qu'il retrouvera à ses côtés en 1928), il ébranle surtout, pour la première fois, le géant « BigBill » Tilden dont il vient à bout en quart de finale de Forest Hills par 8-6 au cinquième set. C’est le seul joueur français, avec Lacoste, à s’être imposé aux Internationaux des Etats-Unis. Cochet détient le record du nombre de balles de match sauvées par un vainqueur dans un tournoi du grand Chelem : lors d’un match incroyable, en demi-finale du simple de Wimbledon en 1927, Henri Cochet bat la star de l'époque, l'Américain Bill Tilden, alors qu'il a été mené 2-6, 4-6, 1-5, 0-40. Le Français enchaîne 17 points consécutifs pour rester dans la partie, et boucle le match en cinq manches. « Les spectateurs étaient trop hébétés pour applaudir », se souvient l'arbitre de la rencontre. En finale, la même année, d’abord mené par Borotra (3-5), il finit par s’imposer (7-5). Il devient n° 1 mondial et le reste en 1928, 1929 et 1930. À partir de 1933, le magicien n’est plus tout à fait au niveau des meilleurs : il perd face à l’américain Vines à Forest Hill ; il est battu en finale à Roland-Garros par l’Australien Crawford. Il est dominé par l’Anglais Perry en coupe Davis.

 

Déçu par ces échecs, Cochet est le seul des Mousquetaires à avoir tenté de se professionnaliser, à l’instar de Tilden. Mais c’est pour lui une désillusion, les résultats sont médiocres : il se fait étriller par Tilden qui avait pourtant affirmé qu’il ne gagnerait jamais contre Cochet. Après dix ans sur le circuit, il retourne à l’amateurisme. Et met un terme à sa carrière à 42 ans.

 

Jouissant d’un palmarès somptueux, Henri Cochet meurt en 1987.

 

Henri Cochet

 Le quatrième mousquetaire, Jacques Brugnon, dit Toto, l’aîné des Mousquetaires (né en 1895) est avant tout un spécialiste du double, célèbre par son calme et sa maîtrise. Ses faiblesses techniques – son smash n’est qu’une sorte de volée haute frappée à plat (la « gifle Brugnon ») – sont compensées par son sens du jeu et du placement. Son adresse lui permet des retourner les services les plus violents grâce à un lob lifté qu’il est l’un des premiers à utiliser. Moins doué que les trois autres Mousquetaires, homme modeste et discret, Brugnon a eu la chance de les rencontrer et de jouer à leurs côtés, démontrant l’esprit collectif de cette équipe prodigieuse.

Jacques Brugnon meurt en 1978 à Monaco.

 

 Jacques Brugnon

 

   

 

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